Les Québécoises de 1837-1838

20 mai 2019

 

 

 

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Sur tous les fronts, les femmes patriotes ont combattu activement à l’insurrection. Pourquoi personne n’en parle ? ! Tous les livres d’histoire parlent de ces femmes comme des épouses, des mères, et même, parfois, des saintes, mais personne ne parle des souffrances féministes (avant la lettre) et des rôles de défenderesses de la nation. En faisant front à l’oppresseur, elles sont patriotes comme leurs maris, leurs frères, leurs pères. Salut les bonnes canadiennes-françaises de chez nous, fières patriotes, éternellement jeunes ! Vous aviez l’étoffe des grandes si bien que vous l’êtes encore, de dignes combattantes, des résistantes, dans notre mémoire collective. Notre conscience historique repose sur votre courage, votre détermination, votre sang-froid. Vos souffrances sont gravées et pour preuve nous avons des documents historiques, des archives, des lettres, afin de témoigner de ce fait. Pensez-vous que nous allons abandonner l’ange des prisonniers car nous le savons combien vous fûtes dévouées auprès d’eux. De même, les sœurs de la providence qui accompagnèrent les femmes condamnées à mourir sur l’échafaud; oui, nous nous souviendrons combien toutes ces femmes ont  souffert !  Mais décidées, prêtes à tout, elles ne reculèrent devant rien.

NOTRE * DAME je crie ton nom !

15 mai 2019

 

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Non, nous n’en revenons pas ! Pensez-vous que cela est possible, en revenir d’un événement pareil ? ! Notre * Dame en feu, détruite, disparue, en cendres, avec tant de points d’interrogation, encore à ce jour; et tant de points du suspension….  Mais comment cela est-il possible, le regard que chacun porte sur Paris s’en trouve désormais modifié; nous tous québécois, amoureux de Notre Mère Patrie et de Notre * Dame, avons l’impression persistante d’un mauvais rêve. Cela est si vrai que pour écrire ainsi nous conservons en pensée sa forme sensible : elle demeurera écrite, au moins, comme pour préserver un peu de sa lumière grandiose, tel un rayon de beauté inaltérable, venu de ses vitraux, de sa rosace.  Nous avons parlé de la pensée de l’Art, dans les trois précédents articles, et l’esprit d’adoration qui opère naturellement sur le problème que nous étudions. La question essentielle est de savoir ce qui s’est passé, dans les moindres détails, et aussi comment reconstruire, en respectant la liberté artistique, sous la lumière d’une œuvre si belle; non, nous n’allons pas sacrifier la splendeur originelle de Notre * Dame aux idées gravement suggestives des actes humains, trop humains ! L’artiste demeure libre de traiter la matière, indifféremment, peut-être, de ce qu’il aurait observé. S’il lui est permis de choisir son sujet dans les bas-fonds du réel, c’est à la condition de laisser tomber l’obscénité.  Par pitié, nous sommes de l’avis de celui-ci, quand il affirme que le point principal dans cette question de reconstruction demeure l’enjeu d’une véritable renaissance, parfaite en tous points, sans mettre en lumière tel ou tel aspect du mal (mais bien) que de savoir à quelle hauteur il se tient pour ce faire. Nous ne sommes pas dupes et nous avons raison d’être inquiets !  Nous sommes les défenseurs de Notre *Dame et de Notre Mère Patrie, telle quelle, dans toute sa perfection sublime. Cette solution peut paraître sévère, mais elle est juste. Nos cœurs sont assez purs, et assez forts, pour reconstruire Notre * Dame sans connivence.

 

Oui, nous commençons à prendre la mesure des réactions du public, après cette tragédie, cette coupure dans notre conscience historique; ce terrible incendie enflamme toujours les esprits, soulève les passions et oblige un débat rempli de bonnes volontés, sur la valeur morale de cette œuvre d’art resplendissante qu’est Notre * Dame. L’art des libertés cela est aussi une affaire de culture artistique; l’artiste n’a pas le droit de se figurer que, comme lui, c’est l’art ultime que la population recherche et demande à découvrir; la population c’est aussi un immense cœur humain qui aspire à retrouver Notre *Dame intacte, avec à la fois sa pensée (de l’art) et son regard, afin de ne pas risquer de devenir objet de scandale, instrumentalisée par les scélérats. Une œuvre vivante est forcément troublante; soyons donc des Hommes dignes, profondément vertueux et commençons dès lors à reconstruire Notre * Dame pareille à l’originale; plus belle encore parce que rafraîchie, comme la femme véritablement magnifique remets savamment de l’ordre dans ses cheveux, un peu plus de noir sur ses yeux. Toute œuvre de mérite est potentiellement dangereuse si son œil tombe dans la fange où plus d’un s’enlise; de même, un bon arbre ne donne pas de mauvais fruits, ainsi Notre * Dame porte en elle-même le don de vie du Créateur, demeure magnifique, quasi-surnaturelle, de l’Homme. La tentation de se taire ou de crier ? Oui, la tentation du silence est aussi la tentation du bien comme le fait de constater que je suis libre d’écrire, ou pas, ce papier ; la difficulté reste entière d’un point de vue moral puisqu’il s’agit de savoir comment discerner la face exténuée du Christ dans la plus souillée de ses merveilles architecturales. Le symbole Notre * Dame est celui du Monde Libre. Le sentiment aigu de responsabilité morale va de pair avec la sincérité de celui qui voit également avec son esprit. Jouer avec le feu et se brûler : l’incroyant pourrait-il faire œuvre honnête ? Voilà le scandale qui guette Notre *Dame, comme s’il était nécessaire d’être scandalisé par avance en lui-même, de par tant d’infidélités faites aux lois de son art et de son esprit, de par un grand nombre d’artistes qui ne sait plus où il a été cueilli. Avez-vous vu toutes les propositions et projets de ceux-ci ? Il y a en a beaucoup; certains imprègnent notre civilisation occidentale, la pensée française, et d’autres, non, pas du tout. Ne soyons pas surpris : tous prennent des risques et espèrent se sauver entier, par un triomphe peut-être militant, mais en pensant de travers la mémoire historique de Notre * Dame, pervertissant sa charge émotionnelle et son parfum de vérité. Il faudrait être un saint pour saluer toutes ces idées qui laissent deviner la déchéance de Notre * Dame, un abîme sans rachat possible, une plaie que l’on s’amuse à dévoiler à nos yeux chastes et purs, profondément amoureux de Notre * Dame sans péchés, à la destinée de son prochain lumineux, loin des devoirs rigoureux liant le religieux, mais dans un esprit de liberté noble et beau, en chantier dans chaque corps et âme. L’Homme est un animal raisonnable, nous en appelons donc à sa raison. Quant à cette soif de lamentables créations, laissant Notre * Dame méconnaissable, ouverte à toutes les invasions, c’est à ce sujet qu’on nous impose de nous arrêter un instant. Ce n’est pas seulement la question de l’exigence de l’art que nous abordons dans ce papier, mais la défense de la (très) grande sensibilité, le travail essentiel de Salut, dans la lumière et la joie sans fin. Ainsi, si la lecture de cet article vous perturbe ou vous choque, s’il est une tentation contre votre innocence, alors interrompez ici votre lecture. De même, la littérature est elle aussi un art, elle peut obscurcir dans une âme – si la conscience est faussée – et toute la vie morale ne tardera pas à en être bouleversée. C’est pourquoi nous ne pouvons pas faire n’importe quoi avec Notre * Dame. En éducation, les peuples anciens avaient compris cela et ils savaient enseigner la vertu aux enfants, avec une impression forte qui se dégage dans les œuvres d’art. Un homme et son péché portera longtemps les stigmates de son vice caché, car la réalité historique a la mémoire longue, au risque de donner à Notre * Dame une image falsifiée. Ainsi, tel un fruit détaché de son arbre, nous devons garder nos cœurs purs, car l’histoire a bien des pervertis. Une enquête n’oblige pas à dire le mal et ne changera rien à son visage auguste (oui, le mal peut captiver) et à la place de l’Homme, des artistes, dans les travaux en cours, au sens de ses influences, de ses responsabilités, ses devoirs et ses obligations.

 

Notre *Dame : je crie ton nom ! C’est aussi comme un chant pour éloigner les pervers, comme l’Univers soulève l’ombre d’une chimère. Un Salut pour Notre * Dame, qui a été une Sacrée Gardienne, et qui demeure encore à nos yeux un Joyau rempli de créatures mille fois plus admirables que les cieux constellés. La valeur artistique de ce chef-d’œuvre oblige à ne pas craindre la lumière de la dignité qu’elle incarne toujours ; tout ce qui vit par elle est l’aveu divin de son Espérance : non, nous ne tomberons pas dans l’aberration ! Ce serait reconnaître la faiblesse de notre nature et les suites du péché originel. Ne cherchons-nous pas, quand nous affirmons vouloir reconstruire à la manière des artistes décalés, à fixer des ailes d’anges sur la bête que nous sommes tentés de devenir ? Or, Notre*Dame mérite d’être reconstruite dans toute sa Grâce, sans commune mesure, loin de toutes les profondeurs dont la déchéance humaine est capable. Sans doute, et sans vouloir se prendre pour des saints ou des moralistes, nous savons que les abîmes de dépravation existent et que le péché creuse son lit dans les âmes. Assurément magnifique, Notre *Dame ouvrait tous les yeux, tous les cœurs, et faisait la joie du monde entier !  Maintenant plongée dans les effluves d’un parfum de fumée, qui penserait à y chercher pâture à ses convoitises ?

 

Notre * Dame est grave, désormais, très grave. Elle en a perdu son accent et comme disait Bossuet, ses fortes manières. Nous voilà devant Notre *Dame fragile, plus que nue, ne faisant pas le poids face aux insultes, incapable de sentir même le poids de l’eau quand elle en a par-dessus la tête.

 

N.B. : Nous en appelons à tous les écrivains et à tous les artistes : puisse la grâce demeurer dans l’œuvre originelle de Notre *Dame ! Plus précieuse que le sang des martyrs, les idées folles de création de certains artistes est la preuve de notre profonde décadence. L’esprit de Notre * Dame est néanmoins fait de force, de courage, mais pas jusqu’à l’immolation joyeuse afin de rendre témoignage de la vérité, pour le salut du prochain. Non, l’art sacré n’est pas habité de cet esprit-là ! La littérature n’est pas le péché; les arts ne sont pas comme un autre persiflage à la face menteuse des pervers. La ferveur de Notre * Dame est comme ce chemin de croix unique en son genre, que l’on monte d’un pas béni, sachant que nous sommes suivis par une petite âme. Elle sera guérie et elle sera plus sensible encore que tous les merveilleux écrivains et artistes qui ont perdu le sens des valeurs surnaturelles. Ainsi, la bêtise n’aura pas d’empire : Notre * Dame n’a que faire des efforts de purification et d’assainissement des cœurs, car le sien demeure mystérieusement intact. C’est nous qui, souvent, avons tort de vouloir ouvrir les portes et les fenêtres de notre demeure intérieure aux plus repoussantes ordures. Une œuvre d’art ne blesse jamais Dieu, car tout est beauté lorsque nous aimons le beau ; tous les plaisirs, toutes les bontés, toutes les beautés, c’est ce que nous voulons cultiver, comme nous savons apprécier ce qui est vrai. Le sentiment du beau, en effet, se découvre lorsqu’il est constitué par le repos de l’âme dans l’harmonie. Oui, c’est réellement une fleur d’Amour éternelle.

 

 

 

Notre Dame, c’est l’Amour !

27 avril 2019

 

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L’Amour, cet autre nom de Dieu, parce qu’il a vécu jusqu’au bout, et a réparé la brèche ouverte par l’incendie, le péché de l’Homme entre le ciel et la terre. En jetant un pont de bijoux entre Dieu et nous, Jésus est devenu l’unique pont d’or entre le ciel et la terre, et entre nous, tous les peuples de la Terre. L’amour est notre vrai trésor, notre bel héritage ; il doit devenir notre seule arme, notre véritable loi, notre unique raison de vivre. Portons dans nos pensées et nos prières quotidiennes les peuples, les personnes, que nous rencontrons, toutes et tous, orphelins de Notre Dame; telle est la nouvelle prière, la nouvelle pensée de l’art par-delà les attentes, maintenant, par-delà les souffrances. Elle arrive à nous faire prier ! Vous vous rendez compte du miracle en action ? Nous avons une pensée même pour nos ennemis, sans invoquer la vengeance, mais pour leur repentir, et cela nous rend de dignes enfants de Notre Dame. Ainsi, nous sommes le sommet de la révélation, que personne n’a jamais vu; jusqu’à la flèche, jusqu’à sa croix illuminée dans les cendres encore fumantes, et ce qui éclate dans la résurrection, où l’amour est vainqueur de la mort. Dites-le autour de vous et montrez par votre exemple que la lumière de Notre Dame envahit l’univers, avec toutes ses œuvres d’art, tous ses vitraux encore intacts, et que sont disloquées les murailles du doute, de la fatalité et de la résignation. Notre Dame et une Dame de Vie. Le Christ est vivant et nous sommes vivants avec lui.

 

Croire en la Résurrection de Notre Dame, c’est croire que d’orphelins nous deviendrons les fruits du Renouveau. C’est déjà anticiper notre Histoire et semer la vie là où les germes de mort menacent, faire renaître l’espérance là où le désespoir s’infiltre, parier pour l’amour et pour la paix là où la haine semble triompher. Alors, nous avons la certitude d’être déjà passés de la mort à la vie car nous aimons nos frères; parce que Notre Dame brisée laisse entrer encore plus de lumière !  Les visites, les pensées et les prières, sont actuellement si profondes qu’on ne s’en aperçoit souvent qu’après, mais voilà que nous nous éduquons au silence ; ainsi, la nuit s’efface et l’hiver s’éloigne; même les grains de blé trop tôt tombés en terre, nos compagnes et nos compagnons d’existences trop tôt disparus; toute la nature participe à la reconstruction, tel un levain qui nous aide individuellement et collectivement, invisiblement, à mûrir et à poursuivre la route. Voilà, la renaissance, par laquelle tout reprend force et courage. Le chant du veilleur domine le vacarme des violences, des incendies et des effondrements.  De la même manière que nous entretenons une relation vraie avec Notre Dame, nous pouvons vivre aussi une relation plus authentique avec notre prochain. Nous sommes alors ensemble les créateurs d’un même cœur. Avons-nous soif de voir revivre Notre Dame ? Oui ! Et c’est pour cela que marchons sur son chemin royal. Depuis des siècles et des siècles, c’est ce qui a rendu possible le voyage, la vie, l’engagement et le témoignage; c’est ce qui a permis l’écriture de tous les chants, la création de tous les arts, jours après jours, jusqu’à tous les chemins du monde. Ressuscitée, triomphante de la mort, Notre Dame a inauguré un nouveau mode de vie, un destin ultime pour l’humanité. C’est le dessein de Notre Dame : partager la vie dans un désir de reconstruction, afin de progresser par nos propres forces, jusqu’au bout de l’amour. C’est parce que son amour est infini que Notre Dame réalise la communion dans la diversité, dans les profondeurs de son être, malgré le regard porté sur ce qui nous entoure, toujours très limité : nous ne connaissons qu’une petite part des composants de la création, de l’essentiel. Mais, il est vrai que ce regard partiel est transformé par la relation. Dans l’amour et dans l’amitié, la connaissance devient plus profonde, plus forte, parce que plus large et plus intense. À travers elle, Notre Dame en profite pour nous parler. Ce regard partagé est une condition de la renaissance. L’esprit de Notre Dame souffle où il veut, comme il peut; on ne peut l’appeler; il ne faut même pas penser à l’appeler sur nous d’une manière particulière, ou sur tels ou tels autres, de même que sur nous toutes et tous, orphelines et orphelins jusqu’aux yeux, inconsolables, comme pétrifiés de chagrin, devant cette perte immense :  la disparition de ce patrimoine architectural et artistique unique et irremplaçable; ainsi, nous l’appelons le plus simplement du monde, purement et simplement, oui, tout simplement, que penser à elle soit un appel et un cri. Et cela est possible, parce que l’Homme est libre et qu’il est un être de fidélité. Nous sommes à l’image de Notre Dame, laquelle à l’image de Dieu, est doté d’une liberté sans limite. La fidélité appartient au cœur des promesses que nous faisons, des oui que nous disons, et des amen que nous prononçons, Notre Dame, quelle dignité !  Oui, faisons confiance à la nature de l’Amour : il peut tout; patience et tendresse, ainsi agit l’infinie miséricorde et cela suppose un changement de cœur. Une conversion du cœur et du regard à porter sur le monde. Nous sommes des résistants, des bêtes féroces de l’espoir. Nous reviendrons de toutes ces tentations d’abandon et de résignation; d’orphelins de Notre Dame, nous sommes en train de renaître. Une nouvelle création est cette fête de l’éternel, laissant derrière elle tout ce qui l’empêchait de vivre libre !  Cette nouvelle création sera comme le nouveau printemps du monde, au cœur de la vie de chacun de nous.  Notre Dame nous enseigne.… Elle est le doigt qui indique la route et qui marque sur le chemin le dessin du parcours; elle est la porte de bronze où est gravée l’œuvre d’art; de là, elle nous conduira à la ville dont l’amour est le flambeau. Cette cité de l’Énergie est capable d’instaurer le Monde nouveau, comme cette réalité du Royaume déjà là, et pourtant à venir.

 

L’Église universelle est un sacrement d’amour et de communion de la Sainte Trinité : « Toi, Moi, et la Nature », laquelle peut se vivre d’un bout à l’autre du monde. Une charité vécue aux dimensions de l’espace et du temps, mais aussi en profondeur, comme une énergie de grand joyau : cette Trinité divine, c’est le grand secret d’amour, la découverte la plus merveilleuse. En vérité, si tu vois la Trinité, tu vois l’amour. Puisse l’esprit de Notre Dame apprendre à chacun d’entre nous que la grandeur de la vie vient, non pas de que l’on acquiert et que l’on possède, mais de ce dont on se dépouille, de tout ce que l’on partage. Regarde autour de toi ! Observe la vie ! Que vois-tu quand tu admires une fleur ? La petite églantine que tu es allé chercher sous les ronces, dans le fond d’un fossé, pour la replanter chez toi, en lieu sûr; toute son histoire te parle à l’âme en secret; quand tu observes une abeille, quand tu t’émerveilles de la beauté du papillon, ou même lorsque tu tranches un fruit en deux; tout est contemplation et reconnaissance. Oui, c’est là l’œuvre de la nature, habitée par ton chant, pénétrée de ton amour. Nous te bénissons, Notre Dame, don de la vie, toi qui ouvre les cœurs ; un cœur transpercé qui communique néanmoins encore – et plus que jamais – ses beautés d’où jaillissent l’eau et le sang, le baptême et l’eucharistie. Naître et renaître chaque jour, à chaque jour, chaque minute et chaque seconde; aucun feu ne se succède à lui-même; aucune nuit ne se succède à elle-même. Il n’est point de ténèbres qui ne soit traversé par un chant matinal, rappelant que Notre Dame dit pour chacun de nous, même en plein désarroi, une parole de création. Ainsi, notre existence est genèse. Le monde est habité par sa présence. Notre Dame, en tant que fleur, source, lumière, beauté, visage, porte un message que nous avons à transmettre; c’est que chacun de nous possède, à l’intérieur de lui-même, tous les éléments favorisants la sagesse, la compréhension, la bonté, la compassion, la gentillesse. Tout ce dont nous avons besoin pour rencontrer les autres est là, pour être trouvé et apprécié, en ces temps du monde difficiles, où chaque moment qui passe est d’un prix inestimable, comme les trésors de Notre Dame, pour l’accomplissement de notre destinée. Notre Dame : calme les feux qui attisent encore les passions, apaise les tempêtes, sois calme O ma Dame, que nos esprits puissent se reposer un peu en toi et que ta paix puisse se couvrir encore de lumières, malgré les ombres de l’histoire humaine. Notre Dame, ne nous laisse pas oublier que tu parles aussi quand tu te tais.

Notre Dame: toujours lumineuse !

24 avril 2019

 

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Notre Dame enracine en nous la joie de donner et la joie de pardonner : tu renaîtras de tes cendres ! Tu es Jésus ressuscité ; Il est présent dans nos vies. Seigneur ! Que de beautés dans la création ; les paysages, les fleurs, les fruits, les chants des oiseaux, les couchers de soleil, les changements de saison ; la métamorphose ! Que de bonté dans les gestes qui naissent de l’amour fraternel : un sourire de sympathie, un mot du cœur, la chaleur d’une présence, un partage d’amour ou d’amitié, l’attention à l’autre !

 

Oui, l’Homme a besoin de peu de choses pour s’élever et s’accomplir; il suffit qu’il le veuille de tout son cœur. Le bonheur nous élève tel un arbre ou une cathédrale, selon l’étendue des racines de notre engagement. Notre Dame est un bonheur qui nous tient debout devant l’adversité comme de véritables racines. Limpide et mystérieuse comme une perle de rosée dans le pli d’une feuille, telle est ta grâce, Notre Dame !  Elle pénètre en moi goutte à goutte, silencieusement, et me fais être ton enfant. La grâce de Notre Dame passe et souffle à travers toutes les flammes du monde. Oui, ta parole est comme l’eau; rafraîchis-nous à sa source, plonge-nous encore dans son courant, du fleuve magnifique entraîne-nous vers sa mer. Notre Dame : ta parole est comme le feu; qu’elle nous éclaire, sans trop nous éblouir. Ta parole est comme la terre; qu’elle nous enracine en elle, pour que nous puissions éprouver la solidité et la constance de tout ce que tu donnes, exige et promets. Dans l’intimité de ton sacré cœur, une énergie d’amour féconde toute la vie, tous les arts, toute la création et, comme dans un murmure d’une eau vive, dans le chant du vent, creuse un invisible oratoire. Ainsi, ton chant ou ta prière deviendra bientôt une source de bonheur où tu viendras boire. Notre Dame… Écoute : l’écho de notre prière est éternel.

 

L’émerveillement est le grand bonheur des marcheurs que nous sommes. Sur nos chemins : des champs, des étoiles, la lumière du soleil; tant de soleils, toutes les étoiles, la mer à la fenêtre, un banc de bois, des pivoines, des tournesols, des narcisses, des églantines, des glaïeuls, des cosmos…. Oui, des fleurs, à profusion, de toutes sortes, dans nos jardins; des mésanges qui zinzinulent, des senteurs de sapin, le souffle parfumé du vent qui enveloppe notre âme de sensations paradoxales; notre âme à la reconnaissance, en soif de contentement. Le chemin a plusieurs saisons : chacune a ses raisons, ses charmes, son ivresse, son insolence, ses beautés… Oui, tu renaîtras; tu seras reconstruite, tu seras restaurée ! Ce qui est important, c’est de contempler le mystère de ce miracle. J’accède ainsi à ta connaissance, avec ta toute puissance et ta fantaisie, comme une variété de vie que je contemple, Notre Dame, avec la sagesse qui t’habite en tout. Les gens regardent depuis l’éternité cette lumière qui nous montre aujourd’hui le chemin. C’est un regard intemporel pour puiser la force, celle des étoiles pour retrouver le nord du nord. La lumière du ciel de Paris s’est concentrée sur ces repères visibles et elle nous parle de loin, d’aussi loin que nous le sommes parfois de toi, Notre Dame, au-delà de notre moi isolé; la vie refleurit si nous lui laissons le temps, si nous le lui permettons, si nous la percevons, si nous la ressentons, si nous sommes suffisamment libres pour vivre dans l’instant. Coupe les amarres ! Avance en eau profonde, va donner à ton frère le goût de vivre ! Accueille la vie qui bat dans le cœur de ton tout proche, de l’Autre, de ton frère ! Te réconcilier avec toi-même, te réconcilier avec les autres, te réconcilier tout simplement avec la vie, en 2019. Donne-nous d’être toujours plus unis, de n’être jamais des instruments de division; fais que nous nous engagions comme l’exprime un beau poème ou une belle musique, à partager la vie dans la nature, à apporter l’amour là où existe la haine, à apporter le pardon là où se trouve l’offense, à apporter l’union là où règne la discorde.  Tout est à réinventer ! Nous sommes des artisans de paix, dans la construction d’une culture de paix; ainsi nous avons une âme universelle : on a besoin de créer de nouveaux mondes, des ponts entre nos maisons, où il y ait, dans le respect mutuel, de réelles possibilités de compréhension entre le citoyen et l’étranger; on a besoin d’une nouvelle éducation au monde, qui favorise une intégration réelle entre cultures et réalités humaines.

 

Sois confiante, Notre Dame : le monde traverse la ville et n’a pas peur d’être les saints du nouveau millénaire. Nous avons pu sauver l’incroyable, tes préciosités; il n’est rien de perdu qui ne puisse être sauvé. Donc, avec le courage, tu seras reconstruite et tes chefs-d’œuvre seront restaurés; les fils de l’Homme sont revenus chercher et sauver ce qui était perdu; ils ont confiance sur le chemin de nos fragilités ; toutes nos faiblesses, surtout les plus profondes, sont des pierres ardentes d’espérance. Notre Dame, toi qui connais toutes nos attentes, toutes nos aspirations à l’Infini, à la transparence, à l’Invisible, comme une pensée vivante, une pensée de l’art, ininterrompues comme ininterrompu est le flot de ta tendresse. Je crois, Notre Dame, que les larmes de compassion et de miséricorde sont la preuve de ton éternel amour; tu es la Passion, tu n’es jamais absente du monde, surtout au moment où tes enfants souffrent. Le feu, c’est l’Inattendu qui s’est produit; c’est le monde qui s’est ouvert et se déchire, quand ton regard change, et que les choses deviennent des signes, des questions. Quand le visible se met à parler, quand s’opère une mutation entre le dehors et le dedans… Nous y sommes… Pour s’émerveiller, il faut être disponibles, libres de ses certitudes comme de ses incertitudes…   On est Hommes que si, en regardant en face le mystère de cette fin de cycle, on a trouvé, sinon de quoi le résoudre, du moins de quoi le porter; s’émerveiller devant la merveille de vivre. Même si la vie n’est pas toujours facile,  la recevoir comme un don, toujours neuf; comme un enfant qui s’étonne, s’émerveiller d’être vivants, s’émerveiller de Notre Dame; c’est cela l’essentiel : retrouver sa lumière, dans une lampe d’argile, comme le soleil dans la nuée, comme Dieu dans un homme…

 

Maintenant, le grand escalier de pierres précieuses s’ouvre sur un grand portail; le champs de tous les possibles…. À l’instant où la nature se prépare à renaître de toutes parts, dans un foisonnement de vie remplie de vie… luxuriante nature qui redécouvre sa sainte trinité et l’audace des premiers enfantements. Le temps passe vite…!  S’il tarde, il est nécessaire de l’attendre avec patience. Il viendra, il viendra certainement, quand nous nous aimerons, quand nous donnerons aux autres, sans rien attendre d’autre que ce simple fait d’aimer; l’amour est à la source de toutes nos naissances, toutes nos renaissances; Notre Dame : tu es là où le soleil se lézarde, le Soleil de Justice, où la lumière apparaît toujours et fait beau tout ce qu’elle touche. La vraie joie éternelle, comme le printemps renaît sans cesse dans l’hiver, est comme un acte de foi renouvelé dans la vie, dans ses possibilités. La vraie joie est douce comme le chant de l’oiseau, celui qui fait lever le soleil. Elle ne s’impose pas aux autres, mais est annonce de son cœur de lumière, l’appel à vivre une réalité toute neuve. Tout est lumière, tout est paix, dans le secret de Nazareth… L’infini bleu lumineux, celui qui tremble et miroite; la couleur rare qui affleure et modèle les ressemblances. Notre Dame, tout se sépare et pourtant tout se rapproche, dans cet espace visible et invisible. Comment ne pas célébrer, dans la résurrection du Christ et pour l’Histoire entière, – la petite et la grande -, de son origine à son terme, le déploiement d’une vie plus forte que toutes les ruptures ou les tragédies qui semblent interrompre en permanence la longue marche de l’humanité. Méditons-la, laissons-nous réchauffer le cœur à son contact. Notre Dame ne passe jamais à côté de l’essentiel. Elle est une aubépine en fleur : le printemps entre en elle. Il entre parce qu’il y est déjà.

Notre-Dame: toujours vivante !

17 avril 2019

 

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Notre-Dame : je vous salue Marie, Reine de mon Cœur, ma Mère, ma Vie, ma Joie et mon Espérance !  Vous êtes compagne sur les routes de la vie; telle Esméralda, donne-nous la joie de deviner, dans les flammes de ton terrible incendie, dans les fumées, les brouillards de mille aurores, les espoirs des jours nouveaux. Et que ta Paix devienne le but de nos engagements quotidiens.

Oui, la reconstruction, la renaissance, le printemps, encore et encore… et encore ! La vie est merveilleusement nouvelle, elle est continuellement excitante, parce qu’elle est toujours en expansion. C’est la raison cachée de mon émerveillement, malgré tout, devant ta Cathédrale flamboyante; devant le sourire d’un enfant ou la grandeur tragique d’un pauvre. Ah oui, aujourd’hui plus que tout autre, nous avons à nous faire Hommes, à surmonter les pleurs et les peurs, à surmonter nos frontières et nos misères. Aujourd’hui, nous avons à assumer une humanité qui porte en elle les mêmes valeurs que nous. Nous avons à prendre en charge un Dieu qui nous est confié dans les autres et dans la création de tes Splendeurs, par l’art et la Pensée de l’art, autant qu’en nous-mêmes. Nous avons à redécouvrir ta Beauté, dans la transparence infinie de l’humanité souffrante. Notre-Dame de Paris est partout aujourd’hui, nous parlons, nous méditons, tout le temps; les hommes de bonne volonté savent combien les Lumières imprègnent encore notre atmosphère. Nous regardions le triste spectacle de la danse des flammes, hier, et c’est un peu de la chaleur du soleil qui faisait renaître l’espoir car de même que ses rayons n’enflamment rien par eux-mêmes, de même l’espoir ne brûle pas nos âmes du feu de la connaissance et de l’expérience quasi surréelle du paysage consternant s’offrant à nos yeux révoltés. Souviens-toi, Notre-Dame, que tous les matins du monde sont sans retour. À tout moment, laisse couler en toi la vie qui s’offre; oui, tu seras secourue car oui, tu es déjà sauvée ! Sens-toi chez toi, aime-nous encore; sens-toi bien à l’aise, telle que tu te trouves en ce moment et où que soit ton Esprit et tes Splendeurs. Rappelle-toi les paroles du Sage : tu peux être chez toi partout et trouver la paix de l’âme en tout lieux et en tout états de fait; Notre-Dame, tu es entrée en sérénité car « ta Maison est désormais l’univers «.  Un beau destin pour nous absents de Paris, nous qui ne t’avons peut-être jamais visitée, mais qui habite pourtant ta Beauté, d’une liberté où le monde (re)trouve son origine, une inspiration d’un regard contenant l’éternité.  Oui, ta Lumière vient du dedans et non pas seulement du dehors; nous étions souvent encombrés et aveuglés par tant de choses; nous voici désormais émus de toutes parts, et capables de redécouvrir, à la source de ta Puissance, cette paix indéfinissable mais envahissante, laquelle peut tout faire basculer du côté de l’Amour.  Non seulement tu parles cette langue divine que les enfants et les artistes comprennent tout de suite, mais tu exprimes également avec justesse les traces du passage du temps; les signes de ta présence sont désormais partout. Tu es dans notre monde d’aujourd’hui. Nous apprenons avec toi la grandeur et la noblesse de l’esprit; tout ce que le vrai courage aura voulu dire, de tout temps et de toutes éternités, pour les siècles des siècles.

 

Amen à la seule joie qu’il nous reste, aux lendemains de cet incendie terrible : communiquer… de toutes les manières possibles et imaginables. Cette certitude bénie que Dieu n’a jamais voulu écraser l’Homme sous sa toute-puissance. Il a voulu le conquérir par son humilité. Seule la foi fait avancer; je parle de cette foi en soi-même, je parle de celle qui fait déplacer les montagnes. La condition humaine est de continuer de cheminer, sans renier dans les ténèbres ce qu’on a vu – et ce qu’on reverra – en pleine lumière.

 

Ainsi, s’en va Notre-Dame, forte d’une nouvelle fraternité. Tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sont appelés à (re) faire au monde une œuvre belle, tout en s’aidant eux-mêmes afin de marcher eux aussi dans un chemin de beauté. La beauté de Notre-Dame n’est pas un secret : elle est gravée sur toutes les fleurs, sur le fleuve, sur la mer, dans le ciel, dans les champs, dans toutes les forêts et sur toutes les montagnes. Notre-Dame est immense, ce n’est pas un secret : il suffit de regarder le cosmos. On t’a dit que notre rêve éveillé était plus grand encore que toi ? Non seulement tu ne le perdras pas, mais il te servira aussi de phare. Notre-Dame, notre Phare dans la nuit : aujourd’hui te révèlera demain l’étendue de tes possibilités nouvelles. Lumières de France, Mère Patrie, Marie, Notre-Dame : donne-nous de comprendre ce que nous ne parvenons pas à exprimer ; notre silence est aussi un Magnificat, comme toi il s’étend d’âge en âge et fait écho à la Miséricorde, laquelle offre, souvent, la consolation quand demain devient trop difficile. Quelqu’un vous aime, c’est ce quelqu’un qui vous a à sa merci mais qui n’en profite pas. Cette fraternité n’a pas de prix et porte pourtant une valeur inestimable. O Notre-Dame de Paris, encore un peu de temps et vous serez reconstruite, encore un peu de temps et vous me reverrez. Vous serez recréée comme un don pour moi, tout est relation d’amour ; tout avec tout. Certains ont vu le fil d’or qui relie votre Force à tous les êtres. Certains savent déceler les failles qui font entrer la lumière. Votre Force est aussi un don pour tous les Hommes. Notre-Dame : il y a des âmes qui rayonnent déjà, comme des petits phares-à-vous; dans les yeux amoureux de nos amours, dans ceux de tous les gens que nous côtoyons, Jésus veut naître. Soyons des artisans de paix, cultivons l’intelligence, l’information et le dialogue, construisons une culture de paix, et ayons une âme universelle. Oui, Notre-Dame s’achemine vers un matin qui ne connaîtra pas de soir et nous serons comme la goutte de rosée bu par la vie.

 

Chaque année de la reconstruction sera un pas vers toi. Chaque jour sera un don, Seigneur, chaque jour est un (re)commencement de ton Royaume. Bénissons cette nouvelle naissance, cette nouvelle Notre-Dame de Paris en devenir. Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur; composons une nouvelle symphonie, une harmonie véritable, un ordre véritable, lesquels ne peuvent qu’avoir l’Amour pour fondation; enraciné dans la réalité même. Nous sortirons des nuées, Notre-Dame, sublime comme une île et plus magnifique encore que les anciens mensonges. De toute éternité, notre Histoire parle de toi et tu es signe d’espoir pour toutes les nations. Je vois déjà ton grand escalier de pierres précieuses, je vois les foules éblouies par ta Splendeur renouvelée, illuminée ; Notre-Dame : oui, c’est bien là, au cœur du désert, que refleurira le monde !

 

 

En français, S.V.P. !!!

7 avril 2018

La langue, c’est cela qui importe.

 La langue, c’est la poésie des mots,

mais aussi et surtout celle des choses,

celle des sens, du sens et du non-sens,

celle des sensations que l’on éprouve

durant ce court rêve éveillé qu’est la vie.
Citation de Georges Dor

chanteur, écrivain et parolier québécois (1931- 2001)

 Vive la langue française ! Nos ancêtres aiment ça... !

 

Que dois-je faire pour me franciser de manière adéquate? Cette question est l’une de celles qu’un nouvel arrivant se pose à tous les jours avant de poser le pied sur le sol du Québec. On peut se demander, en effet,  quelle est rationnellement la meilleure action à entreprendre afin d’atteindre ce but. Ainsi formulé, ce type de question dépasse l’aspect technique pour entrer au cœur de l’éducation, dans ses questionnements sociaux et philosophiques, tout en obligeant à créer des outils, des instruments visant à déterminer l’action la plus efficace. Mais, si l’interrogation Que dois-je faire?  implique  la motivation scolaire, c’est qu’elle renvoie à la volonté de bien faire, alors là nous avons affaire à l’une des questions fondamentales en éducation. Qu’est-ce que « vouloir bien faire » pour apprendre le français? Comment pouvons-nous faire,  considérant que l’apprenant arrive d’un autre pays, tellement éloigné du nôtre, et portant ses différences dans tous ses contrastes, tant dans la sphère privée que dans la sphère publique, et en éducation, notamment.  Devons-nous agir à la façon d’un guide, afin de l’aider dans le choix de ses découvertes langagières, « en faisant image » sur tout ce qui précède le langage ? Oui, dans un premier temps, nous devons établir ce premier lien, pour cette ouverture préconsciente de la langue à aborder, surtout si celle-ci est tellement éloignée de la langue maternelle. La raison? Il faut permettre le plaisir dans l’apprentissage, afin de créer une porte d’entrée dans la pensée profonde de la langue, pour un apprentissage en amont. C’est là, dans un premier temps, que se retrouve «  la pensée de ce qui fait image », par exemple, l’image de l’arbre, celle qui envahit le monde, précède le mot «  arbre »; cela suppose comme une révolution intérieure, un renouvellement : l’image de l’arbre entre à l’intérieur du mot «  arbre « ; de la même manière, on change soi-même en partant vers un autre pays, en apprenant une nouvelle langue et une nouvelle manière de vivre et de penser.  De ce fait, quels principes devraient guider notre travail si nous souhaitons aider un nouvel arrivant à apprendre la langue française ? Comment éviter les blocages liés peut-être à cet apprentissage ?  Afin de pouvoir dépasser l’obstacle, il est primordial d’apprendre à évacuer le stress et la fébrilité, en prenant conscience du fait que «  la vie (en français), c’est maintenant » ; nous devons donc mettre en place, très concrètement, une méthode de travail afin d’instaurer un climat de tranquillité, de calme, pour l’élaboration d’une pensée en français, un nouveau cerveau, une nouvelle façon d’appréhender le réel, une nouvelle façon de penser et de créer, en français. De manière pratique, cela passe également par l’acquisition d’habilités nouvelles, permettant d’autres moyens, d’autres puissances. Ainsi, nous devons métaphoriquement casser des cages; idéalement, cela devrait inclure également un pan large de découvertes personnelles, en plus de la découverte de la langue française,  de par une mise en lumière de notre société, de ses mœurs, ainsi que de la façon dont on vit, quotidiennement, en français, au Québec. L’apprenant possède, avant la compréhension de la langue, cette intelligence de discerner les images, de percevoir la langue, comme une prélecture, c’est-à-dire «  lire la vérité entre deux choses ». La flamme de la connaissance, c’est aussi une forme de discrimination positive, comme celle permettant de « deviner » un texte. Nous sommes ici dans le pré conscient, mais cette flamme existe bel et bien, avant même l’expression de la nouvelle personne en devenir, celle sachant parler, écrire et penser, en français. En somme,   le « moi  qui apprend » existe avant le moment où il éprouve des sensations en français, et qu’il arrive à exprimer, à communiquer, pour comprendre les choses pratiques.  Plus tard, l’accumulation des images et des mémoires pavera la voie à une richesse et à une précision du vocabulaire. En somme,  avant tout, «  il faut marcher avant de courir «  et nous devons, pour ce faire, explorer le domaine de la connaissance intuitive, celle-ci est nécessaire et dans le temps «  hier », « aujourd’hui », « demain » ; plus tard, la suite logique amènera l’apprenant vers la division du temps, par exemple, dans le cadre des notions liées au monde du travail et aux obligations de la vie de tous les jours.  L’enseignante en francisation doit être en mesure de devenir véritablement comme un guide et/ou un modèle, un peu à la manière d’un passeur culturel, et non pas seulement un professeur de français, un sens strict du terme. L’action ne sera ainsi pas réductrice, car il est tout à fait possible, lorsqu’il y a la notion de plaisir dans les apprentissages, d’évaluer ce principe par l’image. Bref, pour apprendre et aimer une langue, il faut atteindre comme un état d’innocence. Une tranquillité de l’attention est souvent possible lorsqu’il n’y a plus les mots. Cela veut dire partager, discuter, créer ensemble. Essentiellement, le but ultime serait d’entrer au cœur de l’enseignement de la langue française, afin de l’observer de l’intérieur, pour l’apprendre mieux, pour toucher ainsi le cœur de son essence, même. Par exemple, c’’est une observation de la nature, du temps, des distances entre l’apprenant et les parties d’une journée : comment commence t’elle/comment se termine t’elle ? Dormir, manger, travailler; également, ce sont comme des petits voyages «  la nuit », «  le matin », « le midi », « l’après-midi », « le soir » « . Le déroulement d’une journée, c’est aussi un peu comme lire une partition musicale. Là où les mots ne peuvent plus rien décrire, nous devons parfois « voir » les choses au-delà des mots, pour ne pas se faire piéger par des descriptions trop formelles. De ce fait, l’apprentissage des parties d’une journée, c’est aussi apprendre la naissance, la renaissance perpétuelle. Et cela, en français, s.v.p. ! En psychoéducation, nous touchons également ici aux questions de l’attachement. Il y a dans les images la source des mots; il y a l’unité de la pensée. Par exemple, nous devons terminer les problèmes à chaque jour, ne pas les reporter au lendemain, pour s’éveiller avec une fraîcheur extraordinaire; nous cultivons ainsi l’harmonie, pour apprendre toujours davantage, certes, mais aussi pour apprendre de mieux en mieux.  L’idée est donc une construction d’une banque toujours nouvelle d’images et de mots, afin de faciliter le transfert des connaissances, comme pour le sens d’une semaine, d’un mois, d’une saison, d’une année, d’une décennie, voire d’une vie.

Pour atteindre cet objectif, il faut regarder et contempler plusieurs images,  réciter individuellement des mots de vocabulaire, répéter avec d’autres; il faut  y mettre une belle énergie, une motivation réelle, pour la construction des jeux de mots, pour la découverte des objets, des calendriers, des agendas, exercices «  J’aime/J’aime pas « et privilégier au final l’étude dans un cadre capable de faire du sens, tout en portant un regard lucide et concret sur la société québécoise, par la langue, dans une perspective éducative, sociale, politique, artistique et personnelle.

 

Le premier livre

2 mars 2018
MADAMECHAMPLIAI
Impossible d’oublier nos premières fois. Pour les livres, c’est pareil. Nos  premiers  livres, c’est la découverte d’un monde à part, parfois magique, souvent ludique, avec ce livre-là, celui « qui fait image «, celui qui touche spécialement nos sens et marque l’imaginaire à tout jamais. Souvent, il s’agit d’un livre pour enfants, un livre illustré ; ensuite, plus tard, il arrive que ce soit un livre d’art, une encyclopédie ou une revue scientifique, un herbier ou la Bible. Cependant, il arrive parfois que ce soit la rencontre avec un livre pour adultes, un livre de philosophie, de poésie, de psychologie ou de sexologie, lequel nous fascinera toute notre vie. Quoi qu’il en soit,  la découverte des premiers livres constitue le socle de l’éducation. Cette expérience allumera, sans le savoir, la flamme de la curiosité intellectuelle et pavera la voie au désir de connaître ; s’il y a quelque chose de touchant dans l’expérience humaine, c’est bien ce premier éveil à la vie de l’esprit.
En effet, ce premier contact constitue à la fois une force et un repère ; c’est une sorte de référence rassurante. Depuis quelques années, on s’intéresse beaucoup à l’effet marquant du premier livre dans la construction de l’imaginaire chez l’enfant. Pour certains d’entre eux, en effet, l’importance du premier livre constitue un véritable élan, à tel point qu’il pose la première pierre à l’édifice d’une riche fantasmagorie. Dans son essai philosophique sur l’entendement humain, John Locke explique le caractère singulier de certaines idées, lesquelles découlent en réalité de ponts et/ou de passerelles intermédiaires, dans les fondements de l’imaginaire.  Par exemple, Adam est capable, dès l’âge de 2 ans, d’imaginer une histoire en regardant les images de son livre préféré. Bien qu’il ne sache pas lire, il imagine l’histoire, il s’invente un rapport au monde personnel, il devine les mots (discrimination positive), il observe les lettres, l’organisation des phrases et du texte. Également, il observe le paratexte : les illustrations et les couleurs ; bref, tout parle un langage à venir !  Ainsi,  il commence peu à peu à reconnaître certaines lettres, certains mots, la ponctuation, une expression revenant souvent, par exemple «  il était une fois ». En somme, en se situant au cœur des apprentissages, le livre revêt une importance capitale, alimentant encore de nos jours bien des réflexions sur les compétences transversales en éducation, c’est-à-dire les compétences et habiletés qui peuvent être appliqués à plus d’une discipline. C’est donc une bonne idée de mettre les enfants en contact avec des livres variés et de qualité, dès le plus jeune âge. Les livres d’aphorismes et les recueils de poésie constituent en ce sens des petits bijoux de la langue française, en mettant en lumière la beauté de la langue au travers les moments du quotidien, avec ou sans allégorie à la fin ;  ne pas hésiter, donc, à lire de la poésie aux enfants !  De la même manière, les fables, les haïkus, les comptines, tout cela fait image en se gravant pour toujours dans le cœur et dans l’esprit.  De plus, l’acquisition des compétences, peu importe l’âge, a besoin de complémentarité. En ce sens, lire des histoires provenant de tous les genres littéraires procure à l’enfant un véritable plaisir de lecture. Également, la façon dont l’enfant construit ses affects est avant tout périphérique ; l’atmosphère au moment de la lecture est donc de la plus haute importance. Les parents, en faisant la lecture à voix haute, doivent lire calmement, avec une voix très douce, dans une pièce chaude, odorante et confortable. Les grands-parents peuvent aussi être de bons guides dans la découverte des premiers livres et se révéler également de formidables conteurs !  L’importance des mutations sociales et familiales ne doivent pas nous faire oublier de créer des formes de stabilité – « faire du sens » -,  avec l’enfant. Ainsi, les livres sont souvent des guides, des vecteurs extraordinaires de création, ayant des répercussions véritables dans la construction des savoirs futurs.
Pour les besoins de cet article, j’ai recueilli des témoignages de divers milieux et il en ressort que l’impact du premier livre est assez variable d’un individu à l’autre. Toutefois, le contact avec le premier livre, celui qui « marque », est souvent un révélateur fascinant de ce que deviendra l’enfant, plus tard. En effet, j’ai noté que plusieurs personnes publiques, notamment en affaire ou en politique, n’avaient pas été mises en contact avec la littérature par un livre, mais plutôt par une publication de type scientifique ou un magazine d’intérêt général. Même conclusion pour certains artistes, disant n’avoir pas été spécialement marqués par un livre, mais plutôt par le livre que lisait, par exemple, une personne significative pour eux, ou alors par une visite à la bibliothèque scolaire ou municipale: « j’aurais pu y passer ma vie ! ». Aussi, certaines personnes disent avoir en tête des détails, des sensations, du temps qu’ils étaient petits, par exemple tandis que la collation du soir précédait la lecture, ou qu’un feu de bois crépitait dans la cheminée. Cela sans compter les rires et les moments de complicité avec les frères et/ou les sœurs, lorsque la lecture se déroulait en famille. D’autres ont en tête des perceptions un peu floues, tels des personnages marquants ou des histoires, mais sans livre précis en tête. Bref, le spectre de l’impact du premier livre ratisse généralement assez large, mais quoi qu’il en soit, il demeure d’une étonnante précision chez plusieurs personnes. Le choix des lectures est donc important ; de la même manière, prendre le temps de visiter toutes sortes de librairies est une bonne idée, afin d’inciter l’enfant à découvrir de manière autonome de nouveaux livres, de nouveaux genres littéraires, ce qui lui permettra d’agrandir ses horizons et alimentera, de ce fait, son esprit critique. En effet, l’éducation c’est à la fois la capacité d’apprendre dans les livres et dans la vie elle-même. Si le livre constitue un moteur formidable pour l’acquisition d’une véritable libre-pensée, c’est aussi par la fréquentation de lieux et de gens allant dans ce continuum ; édifiants et stimulants. Ainsi, donc, le souvenir lié au premier livre deviendra un outil au service de l’enfant devenu grand, afin de l’aider  à allier ensemble toutes les facettes de sa personnalité, pavant la voie à la construction d’un savoir complexe et de plus en plus solide, pour la vivacité d’expériences significatives, aux couleurs les plus riches qui soient.

Charles Darwin et son arbre de vie

4 février 2018

 

 

ArbreDARWIN

 

GIRAUD, Marc, Darwin c’est tout bête!, Paris, éditions Robert Laffont,  344 p.

 

La sélection naturelle, l’adaptation au milieu, l’évolution des espèces, et quoi d’autre encore ?  Ah oui : les histoires de fous aux Galapagos, les singes qui parlent (on en connaît tous !), l’architecture de l’embryon, les fleurs musicales, les hirondelles de Tchernobyl et les batailles de mouches, constituent quelques exemples figurant au palmarès de ce livre extraordinaire, Darwin, c’est tout bête, qui relate, avec un humour imparable,  la vie du célèbre naturaliste et scientifique Charles Darwin. L’auteur, Marc Giraud, a frappé dans le mille en proposant aux néophytes en la matière toute la rigueur de l’activité cérébrale de Darwin,  mais sous une forme ludique particulière, où l’interrogation se dresse de tous bords, tous côtés.

Vivement la lecture à tous de cet ouvrage fort instructif et réjouissant, truffé de mille anecdotes sur la vie de Charles Darwin et sur ses travaux.  Impossible de résister à un livre pareil ; intelligent, frais, lumineux, cohérent, savoureux !  On imagine souvent Darwin comme un être austère, un peu fou, coupé du monde et avec un caractère de chien.  Or, il n’en est rien : Darwin était un tendre, un doux, un passionné, un être simple et d’une extrême sensibilité, à la larme facile et rempli de bonté et d’amour pour tout ce qui l’entourait.  Il possédait également un humour communicatif, doublé d’un esprit scientifique rigoureux, pointilleux sur les détails ; en somme, des caractéristiques ayant fait de lui un génie universel.

Ce livre, en plus d’explorer  la théorie darwinienne, propose de dépasser les préjugés figeant la pensée d’un seul homme, tel un gourou dogmatique, pour rechercher les contradictions – et les richesses – de la théorie initiale.  En effet, le darwinisme a dépassé Darwin.  Ainsi, au fur et à la mesure de notre lecture,  nous prenons concrètement conscience de l’importance à défendre courageusement la mémoire de Charles Darwin et de ses héritiers, particulièrement à l’heure où les fondamentalistes religieux, lesquels se montrent de nos jours de plus en plus agressifs, le caricaturent grossièrement, déformant ses propos, afin de l’éteindre dans nos Lumières, tout en le ridiculisant, souvent, et en le trahissant, même pas subtilement.

Il est vrai que, pour ce faire, le génie de Darwin a été trainé dans la boue, qualifié de blasphématoire par les créationnistes qui ne pouvaient supporter l’hypothèse que l’être humain n’est pas « la » création de « Dieu ».  De ce fait, la théorie de Darwin n’est plus au programme dans les écoles sous influence fondamentaliste ou intégriste, et son enseignement, qui faisait figure d’autorité dans le monde de l’éducation, ne va plus de soi.

De toute manière, aux dépens de l’orgueil crasse des hommes ancrés dans leurs certitudes condescendantes, superstitieuses et/ou surnaturelles, Darwin a choisi son camp : les bêtes !  Ainsi, sous un rapport objectal extrêmement ténu, il reste un fil d’humeur : son amour pour les animaux, lesquels le lui rendent bien,  d’ailleurs, ce qui lui a permis, en attendant de devenir célèbre, de s’amuser follement de ses observations, qu’il nota dans son journal personnel.  Imaginez : Darwin jouait du piano pour des vers de terre afin d’observer leurs réactions, en plus d’avoir découvert des fossiles spectaculaires qui furent des éléments-clés de sa renommé naissante.  De plus, il alla jusqu’à mettre un scarabée dans sa bouche, lequel, par mécanisme de défense, lui brûla immédiatement la langue en expulsant des substances chimiques. En somme, l’originalité des observations de Darwin laisse sans voix, tant il s’est rendu loin dans l’expérimentation.

De plus, nous comprenons parfaitement, grâce à Charles Darwin, que la loi du plus fort n’est pas toujours la meilleure.  Avec la même pertinence, il a montré que le sexe constitue le moteur de l’évolution.  En effet, la sexualité, cette machine « à faire du différent », donnerait un avantage dans la lutte pour la vie.  En apprenant à raisonner ainsi, on admet que l’acte sexuel ne se réduit pas à la reproduction, parce qu’au contraire, chaque être né de deux parents est entièrement nouveau et original.  Aussi, des comportements homosexuels ont été recensés chez quatre cent cinquante espèces animales différentes, dont trois cents de mammifères et d’oiseaux. De plus, certains animaux sont bisexuels et même multi sexuels, dont l’exemple le plus célèbre demeure les bonobos.  En fait, les animaux homos perturbent la théorie de Darwin et il a fallu attendre jusqu’à 1999 pour que des chercheurs signent de nouvelles conclusions.

Finalement, on comprend que la science de Darwin est faite entièrement de mouvement et de vie.  Les animaux s’expriment, de même que les végétaux, et cela est à lui seul extrêmement fascinant.  Moins connu que L’Origine des espèces (1859), mais fabuleusement innovant pour son époque, Darwin signa un livre : L’Expression des émotions chez l’homme et chez les animaux (1872), dont le contenu fait littéralement hisser les cheveux sur la tête, tellement il nous met le nez dans la troublante animalité de l’être humain.

Bref, dépasser la loi de la jungle c’est la capacité, pour l’homme, de sortir de ses affects, pour entrer de plain-pied dans la raison.  Si on aime les droits et libertés, il faut sortir de la loi de la jungle, afin de permettre à la diversité humaine de cohabiter de façon pacifique.  Certes, la barbarie n’est jamais bien loin, cherchant à pénétrer, voire à défoncer les portes, mais nous sommes des êtres humains, et ce qui nous est propre en tant que tels ne doit pas ignorer le fait que, tôt ou tard, devra s’opérer la symbiose entre tous les peuples de la Terre.  En effet, aussi anarchique soit notre organisation sociale et cosmogonique, nous sommes obligés de prendre conscience de l’importance d’un échange constructif avec autrui, non seulement en matière de civilité, mais aussi, à plus long terme, pour la sauvegarde de la civilisation.  N’oublions pas non plus que tous les animaux vivent dans les affects, dans un mode “action/réaction”, sans Histoire, ainsi que l’étaient jadis les quelques peuplades primitives qui occupaient notre planète.

Bref, en plus d’être un remarquable travail de vulgarisation scientifique, ce livre de Marc Giraud, Darwin c’est tout bête ! mérite une place de choix dans nos bibliothèques, tant personnelles que scolaires.

 

Le racisme inversé, mais pourquoi faire ?

2 février 2018

louise

On les voit partout : dans les universités, dans les milieux communautaires, dans la rue. Ce sont  les bien-pensants antifacistes, ceux-là accusant l’homme blanc occidental contemporain de tous les maux. Afin de tenter de comprendre un peu mieux ce phénomène fascinant, partons du postulat préféré de nos bien pensants : «  L’homme d’aujourd’hui vit dans la peur « (lire : la peur de l’autre). Ainsi, ce n’est pas l’Autre qui a peur de nous, c’est nous qui avons peur de lui.  Bien ! Alors, pourquoi chercher à régler les problèmes de ces pays totalitaires avant de vouloir régler ceux des autres ? N’avez-vous donc pas, vous aussi, l’impression que ces débats et ces articles prennent trop de place et de temps ? Certains arrivent même à en vivre…  ! Et si tout cela cachait une réalité plus insidieuse ? La peur : pourquoi donc s’y complaire ainsi ? L’homme d’aujourd’hui vit dedans souvent par procuration, par transitivité et alors, pourquoi la peur de l’autre ne le ramène t’il donc pas à lui-même, une bonne fois pour toute ?  Mais, bien sûr, pour ce faire, nous devons alors tous porter le chapeau de l’homme blanc, celui-là qui se pose et s’impose, bien souvent malgré lui, celui qui s’excuse de s’excuser;  mais de quoi sommes-nous donc coupable, au juste ? Est-ce notre faute d’être nés ainsi libres et jouissants de tous les luxes, toutes les libertés, tous les conforts d’une société juste et généreuse ?  Pauvres aveugles condescendants que nous sommes, il faudrait redescendre un peu sur Terre et arrêter de regarder les autres pays de haut,  nous qui sommes tellement évolués, nous qui sommes surendettés, parfois aussi par les banques privées. Souvenons-nous du temps où nous étions sous la gouverne de l’Église, on ne valait guère mieux que les musulmans, et les croisades ont bel et bien existées; ouvrons les yeux, la dictature dont ils souffrent actuellement, nous l’avons connue dans le passé.  Et c’est quoi «  être musulman », vous définiriez ça comment, très exactement ? Certains diront «  oui, c’est ça «, mais toi, mon bien-pensant préféré, tu en dis quoi ? Et aux femmes laïques tunisiennes, aux femmes libres et mortes, on leur dit quoi ? Puisque vous êtes femmes, acceptez donc les déterminismes religieux, rentrez dans le rang et fermez-la ?

 

En fait, l’hypocrisie de la démarche, laquelle suinte de toutes parts, n’est pas tellement originale,  tant elle est observable partout, exponentielle dès lors que s’ouvrent à grandes portes les visages désespérés des peuples déchus, répandus désormais partout, tellement que oui, ce sont nous,  les racistes, nous,  les québécois, un peuple bon et accueillant au-delà de tout, tolérant au-delà de la tolérance même;  peu importe :  les ennemis de nos ennemis sont nos amis parce que nous sommes peut-être bien le seul peuple de la Terre à ne pas en  avoir, d’ennemis.  Connaissez-vous un peuple plus gentil, plus paisible, que les québécois ? En effet, nous ne diabolisons personne, car  les québécois ne sont pas manichéens, ils ne raisonnent pas en ces termes de croyances aveugles, mais dans le respect des lois, et avec un dynamisme formidable afin de s’en dépêtrer, ayant fait table rase d’un passé religieux pas si lointain.  Alors, partant de ce fait, que les bien-pensants ne viennent pas nous faire croire que nous avons un milliard d’années de retard  en matière de spiritualité, ou même de moralité. Ces nouveaux curés, en nous disant de devoir nous sauver contre nous-mêmes, font du racisme inversé, ce qui est insultant pour la majorité des personnes intelligentes. En fait, c’est comme une grande propagande,  pour ne pas dire un crime pur et simple.  De la même manière, en décidant d’accueillir à bras ouvert tous les peuples de la Terre,  tous, sans exception, nous avons fait la preuve que nous sommes parfois bien naïfs.  En fait, c’est honteux de lire et d’entendre les propos des bien-pensants ; un moment, c’est une version, et ensuite une autre.  Vous rendez-vous compte que vous comparez l’homme blanc occidental privilégié aux pires totalitaristes de l’Humanité ? Il y a quand-même des limites à se nier;  ne voyez-vous pas où le bât blesse ? Avez-vous à ce point une poutre dans l’œil à ne pas y voir le brin de paille dans l’œil du voisin ? Voulez-vous que je vous dise à quel point j’ai honte lorsque je vous entends parler de mondialisation ? Vous adoptez un ton si froid,  si dépassionné, et pour tout dire, dogmatique et calculateur, sur la présente question. Or, comble de tout, vous êtes souvent parmi mes compatriotes, québécoises et québécois de souche, vous aussi, comme moi, et comble de tout : nous travaillons souvent sur les mêmes dossiers, au cœur des mêmes enjeux !  Mais de quoi vous sentez-vous à ce point lâches et/ou coupables ? Ce papier, bien humblement, tente non pas de mettre de la pression sur tel ou de tel, mais d’allonger le discours initial des bien-pensants, celui dont tout le monde connait,  afin de détailler un peu mieux l’enjeu, pour une meilleure compréhension en amont, et tenter d’approcher, si possible, la réalité historique vers un espoir de réconciliation. Pour cela, d’abord, il faudrait pouvoir reconnaître que  le communautarisme est l’ennemi de l’égalité. Or, le dogme de tous les groupes extrémistes actuels est gravissime,  car il est devenu impossible à réfuter, à critiquer, sous peine de se voir traiter de racistes, et ce n’est pas chic : avec ce discours vulgaire, ces insultes et ces menaces.  Trop, c’est trop ! Nous n’avons ni parti pris, ni intérêt, mais voilà que nous devons nous excuser de nous  sentir trop souvent de trop chez nous, dans notre propre pays ? C’est pourquoi la réalité embrasse désormais cette société de discours fleurant bon la complaisance crasse: nous ne sommes plus chez nous, dans ces déplorables conditions. C’est d’une tristesse… !  Et on ne pourra pas dire «  on ne savait pas «.

La pluralité des mondes possibles

26 janvier 2018

 

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Nous vivons une époque exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité.  En effet, nous sommes désormais sortis des mythes anciens qui décrivaient, d’une manière ou d’une autre, la création de l’Univers.  Nous sommes sortis d’une vision du monde  réductrice, étriquée, qui traçait invariablement une frontière étanche entre le Ciel et la Terre, entre le Bien et le Mal, entre les Arts et les Sciences.  Cette vision manichéenne du monde plaçait la planète Terre au centre de l’Univers, tel un nombril originel, et la religion était, de ce fait, profondément imprégnée de la pensée d’Aristote.  Toutefois, dès l’instant où Galilée découvrit ses nouveaux détails astronomiques dans «  le ciel divin », nous étions déjà passés de l’autre côté du miroir.  Et, nous connaissons la suite, surtout l’impact que ces observations, désormais célèbres, eurent sur la vie des idées ; pour ce faire, il a fallu néanmoins vaincre la censure, tant Galilée et ses travaux eurent la vie dure en son temps, tant elles furent méprisées, ne soyons pas étonnés, par une telle expression de la bêtise. En effet, Galilée, fort intelligent et possédant une véritable originalité, fut traité de manière condescendante par tous les imbéciles et autres complexés autour de lui, réduisant ses découvertes audacieuses à un blablatage insipide et inepte, allant jusqu’à se moquer du ridicule de ses conclusions ; finalement, ce fut un compliment de bas étage de la part de ces fanatiques,  servant la science alors plus que jamais telle une véritable chapelle idéologique. Ainsi, et l’Histoire se souvient : cette découverte non seulement agira à la manière d’un effet de levier afin de vaincre l’imbécilité de son temps, mais celle-ci eut également un impact extraordinaire sur l’avenir de la civilisation en général et sur la recherche scientifique en particulier.

 

Ainsi, les travaux de Galilée – et son traitement – furent éloquents tant qu’à la pertinence de cultiver un véritable libre arbitre, pour un esprit critique loin de la facilité. De même, la nécessaire curiosité intellectuelle est bien la preuve de son effet salvateur, non seulement pour un esprit génial tel Galilée, mais pour tout le monde, en particulier pour les jeunes esprits de demain. De ce fait, cela est fascinant de constater combien  les questionnements existentiels persisteront toujours dans la tête des gens.  Ainsi, les astronautes, ayant fait le tour de la Lune à bord des missions Apollo, ont dû répondre à la question : « Avez-vous rencontré Dieu derrière la Lune ? ».  Dieu ne s’y trouvait pas.  En revanche, l’une des surprises de notre temps aura été de découvrir que les étoiles, dont le Soleil, se comportent comme de véritables instruments de musique, émettant des sons, par des vibrations internes, semblables à des caisses de résonnance, et détectables par des instruments sophistiqués, analysant la lumière des vibrations stellaires.  Ainsi, à défaut d’être audibles, la « musique des étoiles » est visible.  En effet, il existe plus de 200 milliards d’étoiles dans notre Galaxie, dont beaucoup sont entourées de planètes… Je vous laisse imaginer la symphonie !

 

De même, imaginez également ceci : pour chaque étoile, compte tenu de sa luminosité et de sa température, on peut définir une « zone habitable ».  C’est ainsi que  « la pluralité des mondes possibles » a fait son entrée dans la recherche scientifique contemporaine. Toutefois, de par le poids de l’histoire, tout en prenant conscience de l’étendue des connaissances et des découvertes scientifiques, c’est avec humilité, presque un genre de tendresse,  que l’on parcourt le livre de Sylvie Vauclair.  En effet, nous sommes de nos jours loin, très loin, du postulat initial de l’antique image de la Terre, centre du monde et entourée de quelques planètes.  Cela oblige les esprits à entrevoir, peut-être, la possibilité des « autres mondes » : plusieurs « Super Terre » ont été découvertes à ce jour, ainsi que plusieurs « objets célestes », tellement nombreux qu’il serait trop long de les énumérer ici. Par ailleurs, cet ouvrage n’est pas un ouvrage faisant la nomenclature des composantes du cosmos, toutefois, il s’agit d’un véritable plaisir de lecture. Celui-ci alimente également nos réflexions sur la nécessité de vaincre, une bonne fois pour toute, la bêtise, celle qui mute constamment, et qui aime ramper pour se mettre servilement au service de la pensée médiocre et vulgaire.

 

De ce fait, l’être humain n’étant plus le centre de l’Univers, il lui faut encore s’y habituer.  L’évolution des connaissances en physique et en astrophysique est telle qu’elle invite, tout naturellement, à la méditation.  Ce qui est mit en lumière dans cet ouvrage, c’est également un discours qui pourrait paraître ésotérique, s’il n’était appuyé d’un solide corpus scientifique. En somme, aurions-nous toutes et tous comme un genre de destin cosmique ? Pour l’auteure, Sylvie Vauclair,  et Hubert Reeves, lequel signe la préface de ce livre La Terre, l’espace et l’au-delà, cela est très clair : nous venons du cosmos et nous retournerons au cosmos.  Il devient donc fascinant de se projeter personnellement, d’aller au-delà, de transgresser quelque peu, afin de découvrir sa véritable raison d’être dans ce contexte, lequel est bel et bien le nôtre.

 

En somme, cet ouvrage sans pareil nous invite, avec une belle fraîcheur intellectuelle à se laisser lire et relire. Il est écrit par Sylvie Vauclair, agnostique et  ancienne élève d’Hubert Reeves, lequel se passe de présentation tant ses travaux parlent d’eux-mêmes.  C’est un livre vulgarisé avec sensibilité et qui fait le tour de la planète Terre, cette planète océane, en passant par le système solaire, la naissance des mondes,  leur fin, sans oublier la pluralité des mondes possibles, pour se terminer avec un épilogue fascinant, lequel invite à la méditation poétique.

 

Astrophysicienne et professeur à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, Sylvie Vauclair a publié plus de deux cent articles de recherche scientifique et signe de nombreux ouvrages sur les thèmes de l’astronomie et de la planétologie, dont La symphonie des étoiles et La Chanson du Soleil.  Elle a entrepris depuis plusieurs années un remarquable travail de vulgarisation, en mettant à la portée du grand public d’innombrables découvertes scientifiques en matière d’astrophysique et d’astronomie. À la manière d’une étoile, Sylvie Vauclair diffuse démocratiquement des informations importantes pour notre avenir à tous.  De son travail incomparable, fusent des questionnements et des réflexions essentiels à la pensée humaine, voire à notre vie tout court, pour l’avancement intellectuel certes, mais également pour les enjeux touchant aux questions de la justice sociale et de la dignité humaine.

 

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